Le nom seul fait rêver, comme Tombouctou que nous avions presque visité au Mali; et la description de Veena m’avait fait espérer une visite exceptionnelle. En effet, le village de pierre, comme ils disent (Stone Town, par opposition à la partie de la ville de «l’autre côté» d’un bras de mer, plus pauvre, dont les bâtiments devaient à l’époque être en boue séchée, et maintenant en ciment et tôle) comporte un souk de vieux bâtiments où on entre par des portes de bois travaillé magnifiques. (Photos ici, mais je rappelle Veena a déjà pris des photos de Zanzibar lors de son premier séjour.) Mais certains des vieux bâtiments ont souffert d’avoir été convertis en logements sociaux après la révolution; et même si le développement touristique a été assez tardif pour que les gens aient une vague idée des conséquences et évitent le pire du développement sauvage, il est clair que l’influx de touristes dépasse déjà les capacités de l’île, tant sur le plan écologique que culturel.

Mais avant de poursuivre sur notre expérience, je dois donner un peu de contexte historique. Zanzibar a toujours été un port important pour le commerce sur l’océan Indien, qui était, comme la Méditerranée, un lieu d’échange de cultures et de brassage de populations. Le commerce était réglé par les vents de la mousson, qui menaient les navires d’Est en Ouest en une saison, et à l’inverse six mois plus tard; entre les deux, des périodes de calme ou de grand vent impossibles à naviguer. Les commerçants, à l’origine perses (à partir de l’an mille environ), puis arabes ou indiens, devaient donc s’installer pour six mois dans l’autre pays, et y établissaient souvent maison et famille, d’où en partie les métissages nombreux. S’y échangeaient or, ivoire, bois précieux… et déjà le commerce des esclaves. Les portugais, à la suite de Vasco de Gama, ont joyeusement pillé la côte au point de tuer un temps le commerce qui l’avait enrichi; jusqu’à ce que le sultanat d’Oman expulse les portugais au début du XVIIe siècle et installe sa capitale à Zanzibar, y construisant un fort qu’on peut encore voir, et qui a été à l’origine de ce qui deviendrait Stone Town.

À cette époque, le commerce des esclaves était devenu une des plus importantes sources de richesse du commerce de l’océan Indien; importés en grande quantité par les arabes au travers le moyen orient, et plus tard par les européens dans leurs colonies orientales. Cette histoire de l’esclavage oriental est beaucoup moins bien connue mais au moins aussi importante que le commerce triangulaire avec les Amériques. (Sur le site du marché aux esclaves, il y avait une notice expliquant le commerce triangulaire, absolument hors propos, qui illustre le manque de documentation sur l’esclavage oriental, du moins en anglais.) L’esclavage oriental a contribué au brassage des populations, cette-fois ci dans le monde arabe, où les enfants d’épouses-esclaves africaines étaient légitimes, contrairement aux enfants des maîtres européens.

Les européens, malgré leur emploi des esclaves, ont poussé pour l’abolition de l’esclavage, à commencer par le fameux Dr. Livingstone (je présume…), missionnaire et explorateur. Les Omanis, bien sûr, résistaient à cette abolition, qu’ils jugeaient d’une part hypocrite (étant donné l’emploi des esclaves dans les colonies européennes) et d’autre part justifiée moins par une visée humanitaire que par une volonté de briser un des piliers économiques de leur propre empire; et sans doute n’avaient-ils pas tort là non plus, même si les visées humanitaires de quelqu’un comme Livingstone ne font pas de doute par ailleurs. Mais les pouvoirs européens, en particulier l’Angleterre, ont fait une série de pressions sur Zanzibar pour faire cesser la traite des esclaves, alors que ce dernier était la plaque tournante de ce commerce, et donc un état indépendant fort riche (un des seuls à avoir des ambassadeurs en Europe…), et on peut supposer que les motivations politiques derrière ces pressions pouvaient être en effet moins nobles.

L’autre source de richesse de Zanzibar était le commerce des épices; le sultan Seyyid Said, sentant le vent tourner pour le commerce des esclaves, a importé des girofles en quantité, qui ont également contribué à sa fortune, au point que son successeur a pu se permettre de se détacher d’Oman. C’est le faîte du pouvoir de Zanzibar; le sultan suivant, Bargash, a vu sa fortune immense décliner alors que, d’abord, une épidémie de choléra décime la population de Zanzibar, suivie d’un cyclone qui détruisit la flotte ainsi qu’une partie importante des plantation de girofle; et peu après la perte de la flotte de Zanzibar, la marine Britannique parvient à imposer l’abolition de la traite des esclaves… Alors que les allemands prenaient le contrôle du Tanganyika, qui faisait jusqu’alors également partie de l’empire des Omanis ou au moins de sa sphère d’influence. Bargash ne peut qu’assister à la fin de son empire, tout en laissant des constructions magnifiques, mais meurt amer alors que Zanzibar devient un protectorat Britannique, et que les sultans suivants perdent tout pouvoir politique, même si les ressources de l’île (y compris le girofle) leur ont encore appartienu quelque temps.

Lorsque les britanniques accordent l’indépendance à Zanzibar (1963, deux ans après le Tanganyika), le parlement est encore dominé par les Omanis, suite à une série d’élections truquées; la majorité africaine de Zanzibar (menés par un Ougandais) se révolte l’année suivante, et la plupart des arabes et des indiens (qui, sans pouvoirs politiques, étaient néanmoins grands propriétaires suite à leur rôle dans le commerce) sont chassés ou massacrés. À la suite de cette révolte, l’économie de l’île est en lambeaux, et le nouveau président de Zanzibar accepte donc une offre d’union de Julius Nyerere, d’où naîtra la Tanzanie moderne (TANganyika+ZANzibar.)

Je passe sur l’histoire récente; la tolérance culturelle et religieuse qui est la norme en Tanzanie semble très lentement gagner Zanzibar, après des persécutions des quelques indiens encore présents dans les années 60. J’ai déjà mentionné l’importance du tourisme dans la nouvelle économie libérale, caractérisée par des prix donnés en US$. Vous avez probablement entendu les accusations de corruption lors de la dernière élection. Il n’est pas absolument certain que cette élection ait été truquée; mais sinon ce serait alors probablement la première dans ce cas depuis l’instauration (récente) du multipartisme en Tanzanie. Le parti au pouvoir, ex-socialiste, écarte systématiquement le CUF, favorable à une indépendance politique relative de Zanzibar et semble-t-il aussi à une islamisation de la politique interne, encore que le discours du CUF tourne plutôt autour de questions sociales.

Donc… Qu’est-ce que ça donne au quotidien? Je ne suis pas certain. Il est clair que Zanzibar est plus riche culturellement que Dar (je ne parlerai pas de l’ensemble de la Tanzanie, bien trop diverse.) Dans la «maison des merveilles», un bâtiment élégant, à l’architecture hybride, avec tous les conforts modernes d’alors, créé par le Sultan Bargash, se trouve maintenant un musée excellent dans l’ensemble, avec entre autres une reconstitution d’un ancien type de bateau dont le bois est cousu plutôt que cloué, ce qui lui permet de mieux résister à des collisions avec les massifs de coraux (et, selon la légende, d’éviter de perdre ses clous auprès d’un mythique aimant sous-marin…) Oh, il y avait aussi une lampe d’Aladin, qu’on annonce complète avec génie ;-) Il y a aussi de nombreuses traces de l’époque où Zanzibar était une plaque tournante du commerce maritime, dont par exemple un bol de porcelaine chinoise remarquable tant par sa taille que sa qualité.

Au soir, dans un restaurant nommé d’après Freddy Mercury (du groupe Queen, eh oui, il était Zanzibari), nous avons enfin entendu un concert de taarab, une forme de musique Zanzibari qui rappelle surtout la musique classique arabe, mais avec de nombreux échos… pas nettement africains, mais en fait d’un peu partout dans le monde. (Sans compter les récentes fusions avec le rap ou le Jazz! Mais le concert auquel nous avons assisté était plus classique.) Nous sommes revenus enchantés. On vous fera écouter les CDs à notre retour. En attendant: description et extraits.

Le lendemain, veille de Noël, après avoir visité l’ancien marché aux esclaves (converti en cathédrale anglicane, avec des appliqués de cuivre superbes derrière l’autel; mais il ont conservé quelques-unes des anciennes cellules, où le sentiment de claustrophobie le dispute à l’horreur…) nous avons magasiné un peu: comme dans tout lieu touristique, on trouve de tout; vêtements indiens, bijoux arabes, épices de partout… Au fond, ce qui est vraiment Zanzibari, c’est justement le mélange. Mais disons que nous sommes surtout contents de nos achats musicaux, les plus représentatifs. Mais j’avais aussi besoin d’un nouveau pantalon plus léger, mes vieux jeans, au demeurant râpés, sont un peu lourds pour l’été Tanzanien! Ah oui, l’été est là. Veena a plus de difficultés que moi, quand le climat devient étouffant; chez nous ça va encore, car l’appartement est merveilleusement aéré, mais nous sommes tombés sur un hôtel médiocre et insuffisamment ventilé, et j’avoue que j’ai moi-même eu quelques moments d’abattement climatique. (Tandis que vous gelez, semble-t-il…) Il faut dire que s’y est ajouté un peu de manque de sommeil: Nous étions contents de constater que notre hôtel était à l’écart des mosquées, mais hélas, pour sonore qu’il puisse être, le muezzin n’est pas aussi persistant qu’un banal coq… Il y avait une quelconque basse-cour dans les environs, et pour ceux qui n’en ont pas souvent eu l’expérience, le mythe qui veut que le coq chante au lever du soleil néglige de préciser qu’il chante aussi assez longtemps auparavant et encore plus longtemps par la suite. (Sales bêtes!)

Nous avons fait un extra pour le souper de Noël au SweetEazy, un des très bons restaus du coin, où on nous avait promis que l’orchestre nous donnerait de la musique africaine; mais si nous avons très bien mangé, musicalement nous avons été franchement déçus, il s’agissait de standards américains, bien que quelques-unes aient été traduites en Swahili. Bof. Nous savions que le Mercury nous donnerait des cantiques de Noël, et nous n’étions pas partants; un peu déconnecté dans une île musulmane. Bon, il y a bien une ou deux églises, nous avons failli aller écouter la messe en Swahili… Nous avons fini par trouver un bar local en plein air, peuplé presque exclusivement d’africains, où le DJ donnait résolument dans le Reggae, où nous avons finalement pu danser. Ah oui, malgré l’importance de l’islam (et de la chrétienté, sauf à Zanzibar) il y a pas mal de Rastas en Tanzanie… Va comprendre. Enfin, ce sont souvent ceux qui sont le plus intéressés à parler aux touristes wazungus.

Un mot encore sur la cuisine: On nous vend l’île aux épices, l’originalité de cette cuisine qui combine les meilleurs éléments des cuisines arabes, indiennes et africaines… Des clous! (non, même pas des clous de girofles.) Je dois être trop habitué aux saveurs complexes et poignantes des cuisines indiennes, sans compter les cuisines arabes, mais pour moi beaucoup des cuisines africaines (sauf l’Afrique du nord, évidemment, et l’Éthiopie, et dans une moindre mesure dans l’ex-Zaïre, où on sait au moins bien utiliser le piment) sont désespérément fades, et Zanzibar ne fait pas à ce point exception. Le poisson et les fruits de mers sont frais et savoureux, pas de doutes; (Karl, il y a beaucoup de homards qui ont l’air pas mal, même si je n’y ai pas goûté!) mais quant à la sauce de curry de coco au tamarin… Euh, je vois bien le coco, mais où est le tamarin? Oui, il y a bien eu du girofle et de la cardamome dans le riz, mais le mélange est approximatif et n’approche pas un bon biryani. Le thé au girofle, par contre, n’est pas mal. Il y a de très jolies cafetières en cuivre, coniques, où des vendeurs de rues servaient traditionnellement du café arabe, mais que je n’ai vues servir maintenant que de décorations. (J’ai pu avoir de l’espresso décent, Zanzibar est amplement assez touristique pour ça. Mais où est le dépaysement? J’ai fini par avoir un bon café arabe… Dans un hôtel flyé et écolo tenu par des Palestiniens!) Oh, et pour ajouter l’insulte à l’injure, le service est souvent anormalement lent. (Oui, je suis en Afrique, mais même à Dar on ne me fait pas attendre 40 min. pour une salade…) Bref, comme destination gastronomique, nous avons vu mieux. Mais bon, je me plains, mais comme je le disais je suis gâté. Les saveurs auraient pu être mieux soulignées, mais il y en avait quand même; nous avons croisé une Canadienne en mission on Zambie, elle nous a dit que la cuisine n’y goûte vraiment absolument rien. L’horreur.

Enfin… Le lendemain, à la plage! Nous sommes allés à Jambiani, sur la côte est, dont on nous avait dit que ce n’était pas la meilleure plage pour se baigner mais qu’on pouvait y faire des marches magnifiques à marée basse… En effet, la plage descend très lentement, ce qui signifie qu’à marée haute, on peut presque marcher 200m vers la mer sans qu’elle dépasse de beaucoup le niveau des genoux. Mais nous avons découvert que c’est une très mauvaise idée. Heureusement que l’eau était claire, d’ailleurs; car entre les algues (nombreuses), j’ai pu voir à temps pourquoi ce n’était en effet pas une plage de baignade. Flash-back: À l’âge de six ans, en voyage à travers l’Afrique (Karl faisait un reportage qui l’a fait voyager six mois, et Geneviève et moi à peine moins) une vague m’avait fait perdre pied, que je n’ai repris que sur une colonie d’oursins noirs. Il a fallu une douzaine de jours à ma mère pour enlever les épines incrustées dans mes pieds (à l’aide d’une aiguille de seringue, oui nous avons essayé mille autres moyens avant celui-ci) (pendant ces jours, elle a aussi dû me porter sur de bonnes distances… Bref.) Donc, j’ai reconnu avec un peu de terreur mes anciens amis oursins, venus me saluer en nombre au milieu des algues. Je suis encore surpris (et reconnaissant à ma bonne étoile) de ne les pas avoir piétinés à nouveau.

Les hôtels ont fait des corridors de sable entre les algues pour marcher en sûreté jusqu’aux bateaux, d’où il est possible de faire du tuba en plus haute mer; une fois informés (bien qu’un peu tard, par ailleurs…), ces corridors nous ont permis de marcher plus loin vers le large. Nous avons décliné la promenade en bateau; nous n’avions qu’une journée de plage, nous voulions ne pas trop en faire. Nous avons effectivement fait une jolie marche à marée basse, et quelques rencontres avec d’autres voyageurs nous ont permis d’avoir une belle soirée par la suite. Le retour a été sans histoires; sinon que le traversier de 13h30 était plein (impossible de réserver à plus de 24h d’avance, grrr….) et que nous avons dû prendre celui de 16h, dont Veena avait eu une expérience désastreuse lors de son premier séjour (fort roulis, 80% du bateau en a été malade…) Mais nous avons eu une mer exceptionnellement calme. (Nous avons appris plus tard qu’il y a une saison autant qu’une heure pour les mauvais trajets.)

Qu’est-ce que j’en retire? L’architecture est magnifique, mais on sent qu’elle a souffert; et la ville de pierre, à l’exception du fort Omani, est de facture somme toute assez récente. Une ancienne mosquée semble aussi magnifique, de ce que nous en avons vu; mais elle est entourée de bâtiments modernes qui masquent la vue extérieure; quant à l’intérieur, il est évidemment interdit aux non-musulmans. Même le souk n’a que 150 ans, ce qui explique en partie que les splendides portes de bois aient survécu. La population est mélangée, et a déjà été cosmopolite; mais il y a eu un repli avec la chute de leur fortune, et la révolution n’a rien arrangé. Les touristes sont donc bien accueillis, mais on sent qu’il y a une réserve. Le sentiment de réserve n’est d’ailleurs pas spécifique à Zanzibar; nous attendons toujours de nous faire des amis Tanzaniens (sauf un, mais il a grandi en Suède, ça compte pas!) (Pour être honnête, je n’ai pas de mon côté travaillé mon Swahili.) Nous nous sentons un peu plus d’affinité avec la culture de Zanzibar, qui a l’avantage d’hériter plus directement de la richesse de la culture arabe, et d’avoir été moins neutralisée par la modernité qu’à Dar; mais cela ne la rend aucunement plus accessible.

Notre séjour a été très agréable, je ne veux pas dénigrer; oui Zanzibar vaut la peine d’être vu. Mais… le centre de Stone Town en tout cas est pas mal touristique. Quand nous retournerons, ce sera d’une part une vraie visite de plage (avec plongée, ça fait longtemps, mais ça attendra que je sois plus en moyens) et d’autre part nous allons essayer de profiter des différentes options de tourisme culturel pour rencontrer des gens dans les villages. C’est encore un peu artificiel, mais ça devrait déjà être pas mal mieux… Il y en a autour de la plage que nous avions choisi (en partie pour cette raison) mais nous n’avons pas eu le temps ou l’énergie cette fois-ci; et en effet, les hôtels, même s’ils étaient infiniment plus luxueux, ne semblaient pas complètement déconnectés du village environnant. Il y a de l’espoir. Mais l’identité de touriste (i.e. source de revenu…) est un sacré handicap social.

Encore une fois, je ne peux non plus pas trop me plaindre des prix; en tant que résident, le traversier par exemple ne m’a coûté que 10500TSh (US$9 environ), vs US$35 pour les touristes normaux. Non, ce n’est pas grand chose; mais la différence sera encore plus bienvenue dans le cas des safaris, dont les taux doivents semble-t-il augmenter significativement à partir de Janvier, suite à une augmentation des permis d’entrée dans les parcs nationaux. Par contre, ce fameux permis de séjour prolongé, outre la bagatelle de $120 (payés par CUSO), m’a coûté au moins une quinzaine de visites aux départements d’immigration (je n’ai pas tenu de compte exact, mais je suis convaincu que c’est dans ces eaux-là, sans hyperbole.) Non que le processus soit à ce point pénible en lui-même, mais il est presque impossible d’avoir une source d’information sûre quant aux documents requis, où se procurer les formulaires, quel formulaire s’applique à mon cas, combien il me faudra débourser, où, quand, et comment (Dollars US, bien entendu, dont j’ai dû inscrire les numéros de chaque billet!), combien de temps prendra tout le bazar, alouette. Une des raisons pour lesquelles il est difficile d’offrir toute cette information est que les fonctionnaires sont assez peu disponibles: J’ai souvent attendu devant un guichet vide. Impossible, lorsqu’ils sont là, d’avoir une idée du temps d’attente autre que “bientôt” si c’est le même jour, et sinon les estimés sont sans valeur. Veena n’a pas eu tant de peine, d’une part parce que CUSO avait mieux préparé son arrivée, d’autre part parce que les dernières démarches ont été confiées au chauffeur de Haki Elimu, à qui il était plus facile d’avoir l’heure juste en tant que Tanzanien. Comme Haki n’est pas en odeur de sainteté auprès du gouvernement en ce moment, ils ont jugé qu’il serait plus sûr que j’y aille moi-même, ce qui s’est révélé une magnifique occasion de pratiquer la paramita de la patience. (Paramita: les vertus bouddhistes.)

D’autre part… J’ai enfin envoyé un chapitre théorique (presque) complet à mon directeur de thèse, dont j’attends des commentaires détaillés. Donc, à qui me demande où j’en suis: Enfin à la moitié! Donc fort en retard quant aux délais prévus, soit dit en passant. Mais je ne suis pas fâché des progrès (63000 mots pour l’instant, j’espère dépasser 2^64 avant la fin de l’année ;-) et mon directeur m’a accordé hier la grâce d’une extension pour poursuivre. Je compte rédiger la deuxième moitié en beaucoup moins de temps, les bases étant enfin posées. Mais ça veut aussi dire que je n’installe toujours pas l’internet chez nous pour encore quelques mois…

Ah, en parlant de poser, les rideaux sont finalement installés (Youppi!). L’électricité a été plus stable dernièrement, mais on nous assure qu’une telle anomalie prendra fin bientôt. Je me suis donc procuré une batterie d’appoint pour mon cher portable, qui semble encore tenir le coup malgré la chaleur.

Voilà, c’étaient votre correspondant du centre-ville de Dar es Salaam, et exceptionnellement les régions limitrophes. Suite au prochain épisode, et d’ici là bonne année!

Marc-Antoine

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